Brièvement

La ramulariose

La ramulariose

La ramulariose est une maladie cryptogamique, due à un parasite du genre Ramularia, appartenant au groupe des champignons dits imparfaits (Deutéromycètes), et de la même famille que l'oïdium, le botrytis et le monilia (Moniliacées). Cette maladie affecte, entre autres, un bon nombre de cultures maraîchères : artichauts, cardons, poirées (blettes), épinards… Elle est apparue, il y a quelques années, sur une céréale comme l'orge. On la retrouve aussi chez les primevères, et finalement sur des végétaux très divers, mêmes sauvages, comme les Rumex. Mais c'est surtout la présence de Ramularia beticola chez la betterave sucrière, qui révèle son pouvoir de nuisance, parce qu'elle engendre une baisse notoire du rendement et de la teneur en sucre des récoltes.

Description de la ramulariose

La ramulariose est une maladie que l'on rencontre essentiellement dans la moitié nord de la France. Elle se manifeste en fin de cycle de croissance de la plante, sur les feuilles âgées, par l'apparition de taches nécrotiques de quelques millimètres, plus ou moins anguleuses, de couleur brun clair. Le développement d'une sporulation éclaircit progressivement le centre des lésions par des taches blanchâtres, plus ou moins en relief, bien visibles sur le limbe. Les taches peuvent confluer et provoquer le dessèchement des feuilles, avec pour conséquences leur non-consommation s'il s'agit de légumes ou une modification du système racinaire et de la teneur en sucre (qui peut chuter de 10 %), dans le cas des betteraves.

Biologie de Ramularia

Le champignon survit, selon toute vraisemblance, dans les débris de végétaux contaminés et dans le sol, sous forme de pseudo-sclérotes, et cela pendant au moins deux ans. Au cours de l'été, par temps humide, les spores germent et se développent en filaments mycéliens, qui pénètrent dans la plante via les stomates, orifices microscopiques de l'épiderme des feuilles. Les premières taches apparaissent après deux semaines environ. Des conditions de température fraîche (17°C) et de forte humidité sont favorables à l'évolution de la maladie. Vent et pluie accentuent sa propagation.

Prévention et lutte contre la ramulariose

A cause de la longue persistance du parasite dans le sol, la vraie prévention est de cultiver dans un terrain sain, indemne de traces de champignon, et de pratiquer de longues rotations des cultures. Il faut aussi choisir des variétés connues comme moins sensibles à la maladie. Enfin, il est possible de pulvériser, à titre préventif, la bouillie bordelaise au cuivre, comme pour toutes les maladies cryptogamiques. Si la maladie se déclare malgré tout, et sachant qu'elle est difficile à distinguer d'une autre maladie fongique, la cercosporiose, bien présente chez la betterave entre autres, il convient de traiter à l'aide d'un antifongique polyvalent ou de suivre au plus vite les recommandations des bulletins régionaux, publiés par les organisations agricoles à l'adresse des grandes cultures. Par C. Schutz Croué